Chronique 1 : 24/04/2013

Chronique 1 : 24/04/2013

Les chroniques d’Eve – 1

24/04/2013

Je m’appelle Ève Dennels. Bien sûr, ce nom ne vous dit rien et pour cause : je ne suis ni une actrice ni une chanteuse célèbres et encore moins une auteure aux milliers de livres vendus ! Ce n’est pas l’ambition qui me manque, remarquez bien. D’ailleurs, vous apprendrez que j’écris des histoires et même des romans à mes heures perdues ! Je les diffuse sur le Net pour mon plus grand plaisir et celui de mes quelques fans mais il n’en reste pas moins que les probabilités que vous connaissiez mon nom sont minimes.
Je vis à Grand-Bigard, non loin de Bruxelles, la Capitale de l’Europe, où je travaille comme serveuse à temps partiel. Mon autre métier : danseuse. J’exerce mon art dans certaines boîtes de nuit que je choisis autant pour leur renommée que pour leur relative sécurité. J’ai acquis une certaine réputation dans le milieu et les contrats commencent à affluer. On me paye pour que je mette l’ambiance sur les pistes de danse et ça me va très bien !
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Pour planter le décor. Il faut bien que vous en sachiez un peu sur moi avant que je vous raconte ce qui m’arrive. Car je suis témoin d’événements étranges et je ne peux me confier à personne. Reste vous, lecteurs potentiels.
Bon. Je suppose que vous en savez assez. Il est 22h. Autant commencer par ma journée d’aujourd’hui. Allons-y !
Ce matin a démarré comme beaucoup de matins. A midi.
La veille, j’avais dansé comme une possédée et j’étais rentrée aux petites heures, complètement vannée. En mettant la cafetière en route, je regrettai de m’être attardée après la fermeture de la boîte de nuit. Je sentais que ma journée serait difficile. Mon travail de serveuse démarrait à 14 heures piles et les clients ne me laisseraient pas un moment tranquille. La taverne qui m’emploie se trouve sur la Grand-Place de Bruxelles et ne désemplit jamais. Je n’allais pas chômer et à la perspective de ce qui m’attendait, j’étais déjà fatiguée. Je pris un solide petit déjeuner, me douchai, m’habillai et partis prendre mon train.
Pour une fois, le soleil était au rendez-vous et je mis non sans plaisir mes lunettes solaires. Je priai intérieurement pour que le beau temps dure plus que trois jours cette année et que je puisse enfin exhiber ces lunettes qui m’avaient coûté une fortune !
Il n’y avait pas foule dans le wagon et je laissai mon esprit voyager alors que le paysage défilait. En 20 minutes à peine, j’arriverais à destination mais aujourd’hui je n’étais guère pressée. Depuis deux ans, je n’avais pris aucunes vacances et je commençais à me sentir déprimée. J’avais envie de profiter du bon temps et je rêvai de plages au sable fin et de cocktails délicieux. Mon reflet apparaissait par intermittence et je pestai contre ces tunnels qui gâchaient ma vue en me renvoyant l’image d’une femme à moitié endormie. Le train était à l’arrêt à la gare de Bockstael et allait bientôt redémarrer. J’avais du mal à détacher le regard de mon visage dans la vitre et m’étonnai que je l’aperçoive si nettement quand je me rendis compte d’une anomalie : mon image ne portait pas de lunettes solaires ! Abasourdie, je les ôtai de mon nez et mon reflet me fit un clin d’œil complice ! Saisie d’effroi, je sursautai et regardai autour de moi pour vérifier que personne n’avait été témoin de mon coup de folie. Mais il n’y avait qu’un adolescent assis un peu plus loin, indifférent à ce qui se passait. Alors que le train redémarrait, je regardai à nouveau la vitre, mon cœur au bord de l’explosion. Rien. Je ne percevais plus aucun double narquois.
Finalement persuadée d’avoir été l’objet d’un rêve, je respirai à nouveau normalement. Ce genre d’illusions arrivaient fréquemment après tout : un coup de fatigue, une distraction. J’ai toujours eu tendance à disproportionner le moindre incident. Il fallait absolument que j’arrête de voir du surnaturel partout ! Malheureusement, mes bonnes résolutions fondirent lorsque le train entra dans le tunnel qui mène à la Gare Centrale. Cette fois, une panique réelle s’empara de moi. Mon reflet m’observait ! Sauf que ce n’était pas tout à fait mon visage que la vitre renvoyait. Je me reconnaissais mais ces traits n’étaient pas exactement les miens. Je me rendis compte que deux images se superposaient. A mon grand effarement, une femme se détacha lentement de mon reflet qui disparut peu à peu et je remarquai alors que celle qui se distinguait ainsi était beaucoup plus belle que moi. Ses cheveux étaient plus courts et d’une teinte plus foncée que les miens. Bien maquillée, son visage paraissait aussi plus mince et sa peau légèrement hâlée faisait ressortir les éclats ambrés de ses yeux (mes yeux?) marrons. Cependant, ses détails mis à part, nous étions presque des jumelles ! Elle était simplement mieux apprêtée. Mon autre moi, je ne sais comment l’appeler autrement, me fit un grand sourire et à nouveau un clin d’œil. Je me retournai au cas où mais, comme je m’y attendais, je n’aperçus personne. Lorsque je le regardai à nouveau, mon double fit demi-tour et s’éloigna. Son image disparut totalement et je me jetai sur la vitre afin d’essayer de l’apercevoir encore. Je faillis chuter sous l’arrêt abrupt du train qui arrivait en gare mais je n’y fis pas attention. Je n’apercevais rien, à part l’habituelle noirceur du tunnel. En état de choc, je saisis mon sac et descendis. Avais-je rêvé ? Était-ce un fantôme ? Et pourquoi cette femme me ressemblait-elle tant ? J’avais l’impression d’avoir fait face à une image rêvée de moi-même : une femme assurée, maquillée avec soin, au teint lumineux et à l’allure sexy. Bref, moi après deux heures passées dans la salle de bain !
Je sortis de la gare et avançai en automate. Que s’était-il passé ? Qui était cette femme ? Peut-être était-elle issue tout droit de mon imagination, un message de mon subconscient pour que je prenne plus soin de mon apparence ? A moins que ce ne soit une ancêtre venue du royaume des morts pour me livrer un message. Mais seuls les fous ou les crédules croient aux fantômes. Non ?
Je ne sais que penser de cette mésaventure. Je suis restée complètement confuse toute la journée et je le suis encore, alors qu’il fait nuit et que je tape ces mots sur mon ordinateur. J’ai failli me faire renvoyer aujourd’hui, tant j’étais distraite. Heureusement, mon patron se montra compréhensif quand je mis mes gaffes sur le compte d’une migraine atroce. Je n’arrête pas de penser à cette affaire d’autant plus que je ne peux me confier à personne ! Mes rares copines se moqueraient de moi, quant à ma famille … elle m’enverrait chez un psy. Je vois déjà d’ici la tête de ma mère et de mes tantes … Non, c’est seule que je dois affronter cette peur et cette incompréhension qui ne me lâchent plus car je dois vous avouer une chose : ce n’est pas la première fois que cette femme apparaît !

2 Responses »

  1. J’aime beaucoup les tons et les motifs de ton nouveau blog.
    Bon, maintenant, une question s’impose : à quand la suite de cette chronique ???? Ce n’est pas bien de mettre les gens dans une attente pareille…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>