La nouvelle la plus courte au monde !

La nouvelle la plus courte au monde !

hello tout le monde ! Voici la nouvelle que j’ai envoyée à TBE pour leur concours. Leur thème était le suivant : « L’écriture d’un premier livre et sa publication » .
Elle est courte, tellement courte que je me demande si on peut la qualifier de nouvelle. Je vous laisse la découvrir. Elle fait à peine 1/2 page, cela ne vous prendra pas beaucoup de temps. :-) Après, vous pourrez me dire si pour vous c’est une nouvelle ou non ….

MOI, MON PREMIER ROMAN

Ce nez un peu plat, cette bouche aux lèvres fines, presque invisibles, ses yeux verts que de longs cils noirs protègent … Ce visage pâle, aux traits un peu brouillés mais si féminins, est­-il réellement le mien ?
À peine sortie de ma douche, les cheveux encore gorgés d’eau, je m’observe attentivement dans le miroir, à l’affût d’un indice qui prouverait que ce reflet m’appartient. Est­-ce ainsi que les autres me voient ? Me trouvent­-ils jolie ? Ou plutôt banale ?
Je reste là, dans ma salle de bain, à m’observer méticuleusement, lorsque soudain :
­- Donne­-moi la vie.
Mes yeux s’agrandissent de stupeur, je pense rêver cet instant. Le reflet me sourit tendrement. Je perçois de la tristesse dans son regard et je reconnais enfin ce visage.
­- Que veux­-tu ? lui dis-­je.
­- La vie, me répond­-elle. Fais­-moi vivre.
D’un doigt hésitant, je trace le contour de sa figure et mon index crisse sur le miroir humide. Sous ma caresse légère, mon autre ferme les yeux, sereine. Lorsque j’arrête mon geste, le reflet ouvre les paupières et fixe un regard déterminé sur le mien. Je lui souris à mon tour.
Je sais ce que je dois faire.
Les jours, les semaines, les mois passent et j’écris dès qu’un instant se libère. Totalement, profondément investie de ma mission, je ne peux pas m’arrêter. Cette activité m’est autant douloureuse qu’indispensable et accapare toutes mes pensées. Je sens la présence constante de mon autre à mes côtés. Avec frénésie, je couche sur papier l’histoire qui devrait être la sienne, j’aligne les mots qui parlent pour elle, cette femme qui me ressemble, qui se fait passer pour moi. En proie à mille doutes, je corrige, reformule pour mieux recommencer.
Puis, arrive le jour où l’histoire est prête. Je tiens notre livre en main. Sur la couverture, apparaît un visage aux cheveux mouillés. Fin. Délicat. Fragile.
Je me rends dans la salle de bain, excitée et angoissée en même temps. Elle est là. Dans le miroir.
­- Merci, souffle-­t­-elle.
Et dans ses yeux, brillent des larmes de bonheur. Enfin.

7 Responses »

  1. Ah! J’ai pris du plaisir à relire ta courte nouvelle. Il y a une certaine poésie qui ressort du texte, un ambiance un peu mystérieuse aussi (surtout au début).

  2. Merci Den ! Franchement, c’est une de mes nouvelles que je préfère ! Pourtant c’est celle que j’ai le moins travaillée. Je la trouve chouette comme ça! :-)

  3. C’est vrai que c’est un sujet assez fun! Et par ce texte, tu prouves qu’une nouvelle peut être agréable même si elle est courte.

    J’avoue que j’aime beaucoup ce qui se dégage du texte. Et, en un sens, j’ai bien ressenti le plaisir que tu as eu en l’écrivant. :)

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